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PEA vs. compte-titres : le match

Dernière mise à jour : 10 sept. 2021



En France, il existe deux principaux supports d'investissement : le PEA (Plan Epargne Actions), et le CTO (Compte-Titres Ordinaire, ou plus simplement compte-titres). Malgré des caractéristiques très différentes, ces deux supports s'avèrent très complémentaires. Explications.


Compte-titres (CTO)


Si nous devions résumer la force du compte-titres en une caractéristique, ce serait la flexibilité.


C'est simple :

  • Vous pouvez avoir autant de compte-titres que vous le souhaitez

  • Il n'y a aucun plafond de versement

  • L'argent est récupérable à tout moment

  • Surtout, le compte-titres vous donne accès à un univers beaucoup plus grand de produits que le PEA, à la fois géographique (vous avez accès à des actions d'entreprises du monde entier) ainsi que dans les titres financiers proposés : actions bien sûr, mais aussi obligations, SICAV, ou Fonds Communs de Placements.

Le talon d'Achille du compte-titres ? Sa fiscalité : chaque plus-value réalisée lors de la cession d'une position, ainsi que chaque dividende sera imposé à 30% (il s'agit de la fameuse flat tax).



PEA


S'il fallait également lui attribuer une caractéristique : sans doute la contrainte, mais au service d'une fiscalité très intéressante.


Car des contraintes, il y en a :

  • Vous ne pouvez détenir qu'un PEA par personne, avec un plafond de versements de 150,000€

  • Les sommes versées sur le PEA sont bloquées : aucun retrait du PEA n'est possible avant 5 ans depuis sa date d'ouverture, sans quoi le PEA sera automatiquement clôturé et imposé au même titre que le compte-titres (30%).

  • Enfin, le PEA se limite aux actions ainsi qu'à certaines SICAV et FCPs sous conditions. Pas très grave me direz-vous, le principal étant de pouvoir investir dans des actions. Mais ce n'est pas tout...

  • ..Car la principale contrainte est géographique : vous ne pouvez investir avec un PEA que dans des entreprises européennes. Et ça, c'est un vrai obstacle.


Pourquoi ? Car en moyenne, les marchés européens s'avèrent bien moins dynamiques que les marchés américains. Pour ne comparer que la France et les Etats-Unis : sur les 10 dernières années, le CAC40 a progressé de +150%. Cela vous semble beaucoup ? Très peu pour le S&P500, qui a progressé de +341% sur la même période !


Ainsi, en vous cantonnant à des entreprises européennes, rien ne vous empêche bien sûr d'obtenir d'excellentes performances ; mais sachez simplement que vos chances seront nettement moindres que si vous investissiez sur les marchés US.


Par chance, certains ETF éligibles PEA (produits par Lyxor, Amundi et BNP Paribas notamment) vous permettront d'investir sur des indices boursiers américains via votre PEA. Mais cela s'arrête là ; à titre d'exemple, vous ne pourrez détenir une action Tesla dans votre PEA.


Quel est l'intérêt du PEA alors ?

  • Une fois les 5 années depuis la date d'ouverture écoulées, vous devenez libre d'y retirer et verser de l'argent sans que cela n'entraîne sa clôture, exactement comme un compte-titres.

  • Parce qu'une fois les 5 années écoulées encore, les plus-values ne sont pas imposées à 30%, mais à 17.2% (équivaut aux prélèvement sociaux).

  • Contrairement au compte-titres, le PEA est une enveloppe fiscale. Et cela change beaucoup de choses.

Là où dans un compte-titres vous serez imposé sur vos cessions, dans un PEA vous serez imposé sur vos sorties d'argent. Cela vous permet :

  • De bénéficier au maximum des intérêts composés, car contrairement à un compte-titres, vous ne serez pas taxé à chaque fois que vous effectuerez une cession, mais à chaque retrait d'argent. Vous êtes donc libre d'acheter et vendre autant d'actions que vous le voulez, sans être à chaque fois redevable au fisc.

  • De la même manière, si vous détenez des actions à dividendes et que vous réinvestissez à chaque fois ces dividendes, il n'y a aucune déperdition entre le versement du dividende et le réinvestissement (vs. 30% imposés sur un compte-titres). Seul l'argent qui sort du PEA est comptabilisé.

Prenons un exemple pour comprendre l'intérêt majeur de ce statut d'enveloppe fiscale.


Pierre investit 10,000€ via un compte-titres, quand Paul investit 10,000€ via un PEA (ouvert il y a plus de 5 ans). Tous deux réalisent les mêmes mouvements : chaque année, ils investissent 100% de leur portefeuille sur l'action PAIR les années paires, pour réinvestir 100% de leur portefeuille sur l'action IMPAIR les années impaires.


On suppose que PAIR et IMPAIR prennent systématiquement 10% de valeur par an. Nous faisons abstraction des frais de transactions. Observons la différence, après retrait et donc nette d'impôts au bout de 20 ans :

La différence est très importante, +48%. Mais cet écart s'explique aussi et surtout par la différence d'imposition entre les deux supports (17.2% vs. 30%).


Alors pour isoler l'impact du statut d'enveloppe du PEA, refaisons la même simulation à un détail près. On suppose désormais que le compte-titres soit lui aussi imposé à 17.2% et non 30%. En revanche, Pierre reste taxé sur chaque transaction, quand Paul n'est taxé que sur son retrait réalisé au bout de 20 ans, comme le veut tout PEA.