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Qu'est-ce-que l'effet de levier ?

Dernière mise à jour : 10 sept. 2021

Connaissez-vous la blague préférée de Charlie Munger, l'acolyte de Warren Buffett ?

"Il y a trois choses dans ce monde capables de ruiner un homme censé : l'alcool, les femmes, et l'effet de levier"


Mais que Munger peut bien vouloir dire par là ? Résumé très simplement, l'effet de levier consiste à amplifier les mouvements d'un sous-jacent.


Exemple : le CAC40 fait +1%. Un ETF CAC40 à effet de levier x2 fera +2%. A contrario, si le CAC40 fait -1%, celui-ci fera -2%. Excitant, n'est-ce-pas ?


Détrompez-vous : le levier en bourse est une arme particulièrement dangereuse, dont les effets sont souvent mal compris des investisseurs débutants. Prenons un exemple : si vous aviez investi dans un turbo Nasdaq x2 au plus haut avant la crise de 2008, vous auriez perdu en moins de 2 ans plus de 75% de la valeur de votre position.


Vous me direz : le NASDAQ est remonté également 2x plus vite ensuite : et vous avez raison. Encore faut-il avoir le cœur suffisamment bien accroché pour ne pas avoir vendu votre position en la voyant s'effondrer à pareille vitesse.


L'effet de levier inclut deux éléments que vous devez avoir en tête avant de vous lancer. L'un est un phénomène auquel il est sujet, l'autre est un risque.



Le beta-slippage

Le phénomène, c'est le beta-slippage. Le beta-slippage est inhérent au mécanisme des ETFs à effet de levier. Pour le comprendre, il faut d'abord savoir que dans le petit monde des effets de levier, les compteurs sont remis à 0 à chaque fin de journée.


Exemple : votre sous-jacent fait +1% sur la journée ==> l'ETF x2 fera +2%. Mais ce n'est pas parce que le sous-jacent a fait +20% l'année dernière que l'ETF x2 aura lui aussi fait +40%. Ce serait trop simple !


Supposons donc que le jour 1, le sous-jacent fasse +10%, puis le jour 2, -10%. In fine, il aura fait (1+10%)*(1-10%) = 99%, soit -1%.


Regardons maintenant l'ETF x2 : (1+20%)*(1-20%) = 96%, soit -4%. Vous avez ainsi perdu 4x, et non pas 2x plus que le sous-jacent.


En un mot, le levier déteste la volatilité : plus elle sera grande, plus votre levier sous-performera, toutes choses égales par ailleurs, son sous-jacent. Si l'on extrapole avec un ETF qui baisserait puis monterait un jour sur deux, cela donnerait ça :


(en orange, un ETF normal, en bleu le même ETF avec un levier x2).


On voit bien que sur le long terme, vous perdez. C'est pourquoi on entend souvent que l'effet de levier n'est (à la limite) intéressant que sur du court terme.


Le risque dont je vous parlais tout à l'heure, c'est l'appel de marge, "Margin Call" en anglais (oui, comme le film).



L'appel de marge

Supposons ainsi que vous ayez un effet de levier x5 sur une action Total (EPA: TTE). Total fait -20% en une journée : votre levier fait -100%. Votre position est liquidée, et vous avez tout perdu.


Bien sûr, si votre levier n'était que x2, il faudrait non pas -20%, mais -50% pour que votre position soit liquidée. Et cette baisse doit survenir en une journée (les compteurs sont remis à 0 quotidiennement pour mesurer le levier).


Pour ces deux raisons, un conseil : méfiez vous de l'effet de levier. Privilégiez la détention d'actions en direct. En concentrant vos efforts sur la sélection des meilleures entreprises dans lesquelles investir, vous pourrez dégager de très belles performances sans avoir à subir les différents risques associés à l'effet de levier.


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Hamza Triqui

Hamza est rédacteur et analyste pour bigfish. Ancien banquier d'affa