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L'optionalité, le critère le plus sous-estimé par les investisseurs

Dernière mise à jour : 6 déc. 2021



L'optionalité constitue l'un des critères les plus sous-estimés par Wall Street pour apprécier la qualité d'une entreprise. Vous ne savez pas de quoi il s'agit ? Pas de panique, on vous explique tout.


Avant que vous ne vous demandiez pourquoi diable une entreprise serait-elle en "option", commençons tout de suite par définir ce concept.


Supposions que vous soyez en vacances à Bali, et que vous découvriez sur un marché une petite statuette en bois.


Vous la trouvez non seulement magnifique, mais lui conférez également des propriétés originales, voire uniques, difficiles à trouver par chez vous : une peinture multicolore du plus bel effet, ou un bois introuvable en France.


Même si celle-ci est à un prix très correct, vous hésitez. Et si elle n'allait pas avec la décoration de votre salon ? Et si votre femme la trouvait immonde, et vous demandait de la jeter ? Vous aurez bêtement gaspillé votre argent.


A contrario, si cette statuette s'assemble bien avec le reste de votre salon, si votre femme et vos amis l'adorent, alors vous aurez fait une véritable aubaine qui fera rayonner votre pièce.


C'est cela, l'optionalité.


En termes plus business, il s'agit de la capacité d'une entreprise à allouer une petite partie de son budget à l'expérimentation de nouveaux produits/services hors de son activité traditionnelle...Mais qui, en cas de succès, pourraient devenir la source de gains considérables.


Bien sûr, il ne s'agit pas d'y allouer une trop grande partie de son budget - cela serait suicidaire. Disons de l'ordre de 5 à 20% environ; les 80% restants devant permettre à l'entreprise d'assurer la bonne exécution de son coeur de métier.


Au fond, beaucoup d'entre vous (oui, vous) faites preuve d'optionalité dans la gestion de votre portefeuille. En plaçant une petite partie de votre patrimoine dans des cryptomonnaies par exemple. Vous êtes conscient que les cryptomonnaies sont une classe d'actifs particulièrement risquée ; c'est pourquoi vous décidez d'en détenir un peu, mais pas trop. Ainsi, s'il s'avère que les cryptomonnaies n'étaient en fait qu'une énorme bulle et s'effondrent, vous n'aurez finalement perdu "que" 5% de votre patrimoine.


Mais si leur cours continue de grimper au cours des prochaines années, alors vos 5% finiront par jouer un rôle prépondérant sur la croissance de votre patrimoine.


Exemple extrême : un placement de 1m$ avec une allocation 90% Cash / 10% Bitcoin, placés en 2015.

L'exemple le plus célèbre d'une entreprise à forte optionalité est sans nul doute celui d'Amazon. En 1999, Amazon dédiait la quasi totalité de ses ressources à la vente de livres en ligne.


Mais pas 100%. A peine eut-il embrassé le succès dans la vente de livres, que Jeff Bezos décidait déjà d'expérimenter de nouveaux relais de croissance. Les ventes aux enchères d'abord, un échec cuisant.


Mais Jeff a persévéré. Est venue l'idée de proposer un système de vente en ligne par des tiers (= une marketplace). Bingo : le segment explose, au point de rapidement dépasser l'activité traditionnelle du groupe.


C'est ainsi que tout au long de son histoire, Amazon n'a cessé de se projeter vers l'avenir, et ce, malgré un succès tonitruant sur le moment présent.


Avec bien des ratés. La mode, échec. La téléphonie, échec...



Puis vint le cloud : jackpot à nouveau. Rapidement, Amazon dégage plus de revenus avec Amazon Web Services qu'avec son activité traditionnelle de e-commerce.


Sans parler d'Amazon Prime, FBA, ou encore d'Alexa...


Vous comprenez le schéma. Plus une entreprise va oser sortir de sa zone de confort pour chercher de nouveaux relais de croissance, plus elle aura de chances de maintenir cette forte croissance dans la durée.


Mais alors, comment détecter l'optionalité ?


Il existe deux principaux moyens d'identifier une entreprise à forte optionalité.


Le premier est d'aller sur le site de l'entreprise afin de chercher sa mission.


Car, contrairement aux apparences, la mission d'une entreprise n'a rien de "bullshit". Elle est sa boussole, qui doit guider son management dans l'ensemble de ses choix stratégiques à travers le temps. Elle constitue donc un excellent indicateur de l'idéal vers lequel l'entreprise souhaite tendre.


Dans le cas d'Amazon, sa mission est "être l'entreprise la plus centrée clients". Vous noterez que ce n'est pas d' "être le plus grand marchand de livres au monde".


Et en effet, cette mission se retrouve dans chacune des grandes décisions du groupe, qui n'a cessé d'entrer sur de nouveaux marchés dans le but d'y apporter sa patte : un recentrage particulièrement marqué sur le client.


Le fait qu'Amazon n'évoque aucun marché cible dans sa mission laisse ainsi entendre que le groupe a souhaité laissé la porte ouverte à une expansion vers d'autres secteurs.