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Les casinos, nouvelle cible de Pékin



Les principaux opérateurs de casinos de Macao ont dégringolé en bourse ce mercredi, alors que le gouvernement chinois souhaite réviser la législation encadrant le secteur.


Si vous avez suivi l'évolution des marchés asiatiques ces derniers mois, il ne vous a probablement pas échappé que le gouvernement chinois n'était pas des plus tendres avec ses champions nationaux.


Comme nous vous en parlions dans notre précédente analyse sur le marché chinois, les autorités locales cherchent à maintenir un niveau élevé de supervision sur leurs grands groupes.


Après avoir visé ses champions de la tech, c'est au tour de ses opérateurs de casino de faire l'objet des menaces des autorités. Un nouveau tour de vis règlementaire serait perçu comme un drame pour la région de Macao, dont 56% du PIB provient des jeux d'argent.


Les actions des opérateurs Sands China, Wynn Macau, MGM China et SJM Holdings ont plongé de respectivement 32,5%, 29%, 27% et 24% à la Bourse de Hong Kong suite à cette annonce, tandis que l’indice Composite Bloomberg Intelligence Macau Gaming a chuté de 23%, la pire performance de son histoire.


On pourrait pourtant imaginer que Xi Jinping souhaiterait bichonner ses leaders nationaux, dans le but de leur permettre de concurrencer leurs homologues américains...La réalité est plus complexe que cela.


Xi Jinping : qui aime bien châtie bien


Si Pékin a tout intérêt à ce que ses entreprises rayonnent à travers le monde, il convient avant tout qu'elles puissent rester dans son giron. Marquer le coup avec de nouvelles règlementations constitue alors un moyen de montrer que quelque soit la puissance des entreprises chinoises, le gouvernement reste maître dans l'empire du milieu.


Ces nouvelles peuvent sembler de mauvais augure pour les entreprises chinoises à court terme...Elles sont en réalité plutôt salutaires.


Soyons honnêtes, le niveau de règlementation et de transparence actuellement imposé aux entreprises en Chine n'a rien à voir avec celui des Etats-Unis ou de l'Europe.


Conséquence : on y retrouve des scandales de fraude bien plus fréquemment qu'ailleurs, y compris pour des entreprises chinoises cotées à Wall Street. Il n'est ainsi pas rare que des sociétés chinoises soient retirées du NASDAQ ou du New York Stock Exchange pour ce motif...Admettons-le, cela ne renvoie pas une très bonne image de la Chine au reste du monde.


Ces tours de vis constituent donc une étape douloureuse, mais probablement nécessaire pour permettre à ces groupes de prospérer sur le long terme. Et enfin, espérons-le, de satisfaire pleinement leurs actionnaires.

 

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François Sockeel

François est le fondateur de bigfish. Son action favorite est Crowdstrike, pour sa capacité à maintenir une avance technologique considérable sur un marché de la cybersécurité en plein essor.