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Les actions à dividendes, solution miracle en temps de récession ?

Dernière mise à jour : 20 mai



Les dividendes, c'est un peu comme les gilets de sauvetage sur un bateau : même s'ils sont toujours présents à bord, on les apprécie surtout lorsque tout commence à tanguer. Mais est-ce bien justifié ?


Les actions à dividendes, valeurs refuge en cas de récession ?


Les actions à dividendes rassurent face à la volatilité des marchés, comme si elles constituaient une forme de protection face à la volatilité des marchés en cas de tempête. Combien de fois n'avons-nous pas entendu :


"L'avantage, c'est que même si les cours s'effondrent, on peut au moins s'accrocher à son dividende...Comme ça, je peux le réinvestir pour faire jouer les intérêts composés !"


Pour s'en assurer, jetons un petit coup d'oeil dans le rétroviseur. Pour cela, regardons comment ont évolué les montants des dividendes versés en période de bear market :



Sur le papier, il n'y a pas photo. Les dividendes baissent bien moins vite que les cours des marchés lors d'un bear market. On comprend mieux pourquoi les actions à dividendes se sont forgées cette image de havre de paix en périodes de récession.


Alors, dois-je réallouer tout mon portefeuille vers des actions à dividendes ?


Pas si vite. Ce serait trop simple.


Comme nous l'avions expliqué en détail dans notre article détaillé sur le sujet, les dividendes ne sont pas un cadeau venu du ciel. Ils sont déduits du résultat net de l'entreprise, ce qui signifie que ce qui vous est versé, constitue autant d'argent qui ne rentrera pas dans le bilan de l'entreprise. Logiquement, ce trou va faire décroître l'action du montant du dividende, dès lors qu'il vous aura été versé.


Toutes choses égales par ailleurs, l'entreprise qui verse un dividende verra donc son cours croître moins vite (ou, dans le cas d'un bear market, baisser plus vite), que celle qui n'en verse pas.



Lorsque les choses tournent au vinaigre, les sociétés à dividendes tendent à privilégier le maintien du montant de leurs dividendes, quitte à creuser encore un peu plus leurs résultats. En effet, une baisse des dividendes versés enverrait un signal très négatif aux marchés, qui ferait rapidement fuir les actionnaires friands de dividendes. Il s'agit là d'une façon très répandue de "repeindre la palissade", mais qui ne doit pas vous illusionner quant au rendement réel de ladite action.


Pour rappel, il faut toujours prendre en compte la performance totale d'une action (croissance du cours + montant des dividendes versés), et non pas simplement l'un ou l'autre. Il suffit pour s'en convaincre de comparer la performance du CAC40, et celle du CAC40 dividendes réinvestis (CAC40GR). Sur les 5 dernières années, on obtient ainsi une performance plus de 2x supérieure en incorporant les dividendes :


Pourtant, mes actions à dividendes semblent quand même mieux performer que les autres...Est-ce normal ?


Il se peut que même en comparant la performance totale des actions, celles à dividendes performent mieux que les autres en temps de récession. A titre d'exemple, le SPDR S&P US Dividend Aristocrats UCITS ETF enregistre depuis le 1er janvier une performance de +4%, contre -12% pour le S&P500 Total Returns.


Cela ne s'explique toutefois pas par la présence de dividendes, mais par les caractéristiques communes à la plupart des entreprises à dividendes. En moyenne, il s'agit là des sociétés matures, présentes sur des secteurs stables, avec une assise qui rend leurs produits/services difficilement substituables, et ce, malgré les baisses de pouvoir d'achat. Walmart ou Sanofi par exemple.


Les actions de ces sociétés sont nettement moins volatiles que le reste du marché, en particulier les growth stocks. Cela veut dire qu'elles performent sensiblement mieux en cas de bear market...Mais aussi sensiblement moins bien en cas de bull market.


Conclusion


Personne ne sait lorsque ce terrible bear market se terminera. Mais si votre portefeuille est majoritairement constitué d'actions growth, décider de passer maintenant à des actions à dividendes (généralement plutôt value) pourrait donc s'avérer être une mauvaise idée, en ne vous permettant pas de bénéficier d'une remontée des valorisations une fois le bear market achevé, lors de la remontée globale des cours.


Pour rappel, sur les 10 meilleures journées que les marchés aient connues ces 20 dernières années, 6 sont survenues dans les 2 semaines qui ont suivi les 10 pires journées.

 

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