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Le retour en grâce de Berkshire Hathaway



Si 2021 aura été une année riche en rebondissements à Wall Street, une chose résiste à l'épreuve du temps : le succès de Warren Buffett et de sa société d'investissement, Berkshire Hathaway.


Avec une performance de +31% en 2021, Berkshire Hathaway compte ainsi parmi les rares fonds à avoir battu le S&P500 cette année. Une surperformance que le géant n'avait plus enregistrée depuis 2018.


Depuis 1999, Buffett et son acolyte Charlie Munger ont ainsi surperformé le S&P500 à 14 reprises, soit taux de réussite de 61%.


Ces résultats pourraient presque sembler médiocres pour un oeil non aguerri. Surtout lorsqu'il s'agit du bilan de Warren Buffett, considéré comme l'un des investisseurs les plus brillants de notre ère.


Pour comprendre pourquoi il s'agit là d'une prouesse, il convient de regarder le portefeuille de Berkshire Hathaway d'un peu plus près.


Pourquoi Buffett est une légende


Tout d'abord, même si cette surperformance n'est pas systématique, elle dure. Et ce, depuis des décennies :


S'il est déjà peu commun pour un fonds d'investissement de battre le S&P500 sur une année, le battre sur plusieurs décennies est tout simplement rarissime.


"N'est-ce pas là justement votre objectif", me direz-vous ? C'est exact. Mais, sans vouloir jouer les faux modestes, Berkshire Hathaway dispose d'un handicap dont nous sommes fort heureusement dispensés.


L'une des raisons pour laquelle si peu de fonds parviennent à battre le marché est assez simple. On peut même déjà l'apercevoir dans le tableau ci-dessus...


Il s'agit de la taille.


Lorsqu'un fonds commence à accumuler plusieurs dizaines de milliards de dollars d'actifs sous gestion, celui-ci devient nettement moins agile.


Contraint d'investir exclusivement dans de très grandes sociétés, qui représentent elles-mêmes une grosse part de la pondération des indices boursiers, Warren Buffett doit alors se résoudre à dégager des performances beaucoup plus en phase avec celles du marché.


A titre d'exemple, plus de la moitié des fonds de Berkshire Hathaway sont investis dans Apple, laquelle représente près de 7% de la pondération du S&P500.


Conséquence : la surperformance de Berkshire Hathaway était bien plus grande à ses débuts qu'aujourd'hui. A titre indicatif, Berkshire Hathaway pèse désormais plus en bourse que LVMH, L'Oréal et TotalEnergies réunis.


Ce mécanisme rend particulièrement difficile le succès d'un fonds sur la durée : dès lors que celui ci se démarque, il tend à attirer quantité de nouveaux investisseurs...l'amenant à devenir de moins en moins agile, et à revenir ainsi dans le rang.


C'est d'ailleurs pour cette raison que Jim Simons, gérant du Medaillon Fund (fonds le plus performant de l'Histoire), ne permet qu'à ses propres employés d'y placer leurs économies.


Il ne s'agit bien sûr pas de la seule raison. On peut citer par exemple le fait que les sociétés large cap aient, toutes choses égales par ailleurs, une performance moindre en comparaison des small et mid cap (voir le modèle Fama-French à 3 facteurs sur ce sujet).


Pour ne rien arranger aux affaires de Buffett, nous vivons une époque largement défavorable aux actions value. Battre le marché en investissant quasi exclusivement dans de telles actions rajoute donc une difficulté supplémentaire à Warren.



A contrario, il est probable que la surperformance de Buffett cette année soit justement due en partie au retour en grâce des actions value. Pour combien de temps ? Seul l'avenir nous le dira. En attendant Warren, si tu nous lis, chapeau bas.

 

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