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2022 sera-t-elle l'année du retail ?



Ces deux dernières années n’ont pas été tendres pour le secteur du retail, alors que la pandémie a brutalement fait baisser les dépenses des consommateurs. Alors, comment tirer son épingle du jeu dans ce secteur sinistré ?


Malgré un historique peu attrayant, plusieurs indicateurs semblent indiquer un nouveau départ pour les entreprises du retail :

  • La part de la population mondiale confinée est en voie de diminution, a fortiori dans les pays développés qui concentrent l’essentiel des dépenses du retail.

  • Le surplus d'épargne accumulé par les populations de nombreux pays développés commence enfin à s'écouler ; il semble alors logique qu’une proportion notable de ces dépenses parte vers le retail.

Un autre moyen, plus efficace encore, consiste à jeter un coup d’œil aux résultats financiers des mastodontes du secteur. De part la diversité de leurs activités, ceux-ci peuvent nous fournir des informations intéressantes quant aux segments les plus dynamiques, privilégiés par les consommateurs.


Cela tombe bien : il y a quelques jours, Nike (208mds$ de capitalisation tout de même) publiait les résultats de son Q3 22. Et ceux-ci ont largement dépassé les attentes :

  • Bénéfices par action : 0.87$, vs. 0.71$ attendus,

  • Chiffre d’affaires de 10.87mds$, vs. 10.59mds$ attendus.

Quels insights tirer en particulier de ce succès ? Ces résultats sont à attribuer principalement à une forte croissance des ventes de e-commerce de Nike, +19% en un an. Un tel sursaut pourrait être le signe avant-coureur d’une évolution des comportements des consommateurs, qui semblent toujours plus privilégier le digital au détriment des achats en magasin. Et ce, alors que les magasins ont réouvert dans la très grande majorité des pays du monde.


Si cette tendance se confirme, elle pourrait être le signe d'un dépassement des attentes de croissance des géants du e-commerce tels que Shopify, Amazon, ou MercadoLibre pour les prochains trimestres. Rappelons que dans la grande majorité des pays du monde, le e-commerce reste encore largement sous-pénétré. Selon Statista, le secteur devrait ainsi continuer à croître d'environ +47% entre 2020 et 2025 à l'échelle mondiale.



Le challenge de la supply chain


Mais pas si vite. S’il est bien une chose que la pandémie nous a apprise, c’est qu’il ne suffit pas d’une forte demande pour avoir une forte croissance. Pouvoir fournir l’offre nécessaire lorsque cette demande arrive est ainsi devenu un enjeu fondamental dans un contexte géopolitique aussi incertain. Il suffit de se souvenir des difficultés éprouvées par Peloton pour faire face à l'explosion de la demande de ses tapis de course lors de la pandémie.


Et cela n’a rien d’une mince affaire, même pour les plus grands groupes de la planète. Selon les mots du PDG de Nike John Donahoe, « la demande issue de notre marketplace continue d’excéder de manière significative nos stocks disponibles ». Comprenez : Nike pourrait probablement afficher des résultats encore meilleurs, s’il parvenait à mieux anticiper les stocks requis pour faire face à cette demande...


Les géants du retail pourraient être de retour, et la bonne performance de leurs actions avec elles. La demande est là : ne leur reste plus pour ces géants qu’à exécuter comme il se doit.

 

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Hamza Triqui

Hamza est rédacteur chez bigfish investing. Ancien banquier d'affaires chez Lincoln International, Hamza dispose d'une connaissance hors pair du secteur des services financiers.