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Le "Buy Now Pay Later" : une ruée vers l'or qui interroge

Dernière mise à jour : 12 juin



De Visa à Apple en passant par PayPal, tout le monde semble vouloir s'octroyer une part du marché du BNPL ("Buy Now, Pay Later", acheter maintenant pour payer plus tard). Un business qui suscite de nombreuses questions sur le plan éthique.


En quelques clics, il est désormais possible sur un nombre croissant d'e-commerçants d'étaler son paiement sur plusieurs mois. Et ce, souvent sans le moindre frais pour le client, tant que celui-ci paie ses dettes en temps voulu.


Logiquement, la formule séduit : un récent rapport de Cardify indique qu'environ 45 % des consommateurs américains prévoient de recourir à un service BNPL pour Noël afin d'étaler leurs dépenses.


Et en effet, quoi de mieux que de pouvoir faire monter son endorphine en cliquant sur le bouton "acheter", sans avoir à alléger son portefeuille ?


Le développement d'applications remarquablement bien pensées, couplé à l'explosion du nombre d'acteurs - Apple, Affirm, Klarna et bien d'autres - ont conduit à une augmentation sans précédent des dépenses compulsives, qui n'en est encore qu'à ses prémices en Europe.


Mais tout cela est-il vraiment de bon augure pour le consommateur ?


56 % des utilisateurs de BNPL ont admis avoir fait un achat qu'ils savaient à l'avance ne pas pouvoir rembourser. Cela pose la question suivante aux investisseurs : dans quelle mesure êtes-vous à l'aise à l'idée de devenir actionnaire de sociétés avec un tel business model ?

Dans l'absolu, le BNPL est parti d'une bonne idée : permettre aux consommateurs d'acheter immédiatement les articles dont ils ont besoin tout en en répartissant les coûts.



D'un point de vue purement financier également, l'idée n'est pas inintéressante : 1€ aujourd'hui valant plus qu'1€ demain, il peut être pertinent d'étaler au maximum ses dépenses pour pouvoir investir d'avantage le plus tôt possible.


Le problème, c'est qu'il est peu probable que le BNPL soit utilisé dans ce cadre par le consommateur type.. qui y voit plutôt le moyen de commander des articles pour lesquels il n'a tout simplement pas le budget.


Certes, gérer son argent est de la responsabilité de chacun. Il n'empêche, il est peu réjouissant de penser que les revenus de ces entreprises proviennent en bonne partie de dettes que les consommateurs n'ont pas été capables de rembourser..


Les défenseurs des entreprises BNPL argueront que toutes ne génèrent pas leurs revenus de cette manière. Pour la plupart, l'essentiel de leurs revenus provient des commissions facturées aux commerçants pour chaque achat réalisé.


De plus, faire des dettes des gens une source de business n'a rien de nouveau. Personne ne s'offusque de voir chaque année BNP Paribas, Société Générale ou Crédit Agricole tirer plusieurs milliards de bénéfices de telles activités.


Vous l'avez compris, savoir si investir dans des "actions BNPL" est immoral ou non est donc un dilemme qui divise.. En attendant, avec une croissance du CA d'Affirm de +71% au dernier trimestre, nul doute que le marché du BNPL continuera d'attirer de nouveaux investisseurs dans les années à venir.

 

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Baptiste Martin

Baptiste est rédacteur chez bigfish. Spécialiste de la modélisation financière, Baptiste scrute chaque mois les comptes de centaines d'entreprises pour n'en garder que la crème de la crème.

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