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Le dollar cost-averaging (et pourquoi ce n'est pas toujours une si bonne idée)

Dernière mise à jour : 17 sept.


Fille pensive

C'est un véritable dilemme pour tout investisseur ; que ce soit pour débuter en bourse, ou après avoir perçu un héritage par exemple, il peut être tentant d'étaler son entrée en plusieurs ordres pour éviter de tout investir la veille d'un krach boursier. Mais est-ce véritablement une bonne pratique ?


Principal avantage de cette pratique, elle permet de réduire la volatilité de votre portefeuille. On appelle cette pratique le dollar cost-averaging pour une raison : si un krach survient sur la période durant laquelle vous entrez, votre prix d'entrée sera la moyenne (average) d'un cours élevé, et d'un cours bas (pendant le krach). Ce faisant, vous faites une "semi-bonne affaire".


A contrario, d'autres investisseurs plus téméraires préfèreront entrer sur les marchés en une fois. Internet semble en tout cas avoir pris son parti : lorsque l'on cherche dollar cost-averaging sur Google, on tombe très vite sur une flopée d'articles vantant les mérites de cette pratique. Alors, faut-il leur donner raison ? Le dollar cost-averaging est-il la meilleure voie pour entrer en bourse ?


Par chance, notre rédaction est allée un peu plus loin que ces articles de blog. Et il se trouve que ce sujet a été traité en longueur par la recherche. La bonne nouvelle ? Il y a bien un gagnant... Mais probablement pas celui auquel vous vous attendiez. Explications.


Dans leur publication de 2012 Dollar-cost averaging just means taking risk later, Vanguard démontre en comparant sur 3 différents marchés sur des périodes allant de 1926 à 2011 les rendements obtenus sur 10 ans entre une entrée en une fois et une entrée étalée dans le temps (ici sur 12 mois). L'étude observe alors dans quel % de cas l'une des deux stratégies sur-performe l'autre.

Dollar cost-averaging

Le résultat est sans appel : dans 65% des cas, il est plus rentable d'investir toute l'épargne accumulée dès que possible. L'écart se creuse davantage lorsque l'on augmente la durée d'étalement, et passe à 90% de chances comparé à un étalement sur 36 mois.


En moyenne sur 10 ans, la sur-performance est de 1.9% en faveur d'un investissement en une fois vs. étalé sur 12 mois. Tout cela est sans compter les frais de transaction, nécessairement plus élevés lorsque vous réalisez plusieurs petites transactions plutôt qu'une grande.


Ces résultats sont logiques : statistiquement, les marchés ont tendance à monter plus souvent qu'à baisser. En étalant votre investissement, vous serez moins investi sur les marchés lors des 12 premiers mois qu'en ayant tout misé d'un coup : vous avez donc plus de chances d'avoir gagné moins. Il s'agit là du fameux coût d'opportunité.



Retenez bien sûr que ces chiffres constituent une moyenne, avec des résultats potentiellement très différents selon la période à laquelle vous investissez. Malheureusement, personne ne sait de quoi l'avenir sera fait sur les marchés, et à défaut de mettre toutes les chances de votre côté, la stratégie DCA présente l'avantage de réduire nettement votre volatilité.


Si vous n'êtes pas à l'aise à l'idée d'investir en une fois, inutile de vous forcer. Votre stratégie doit être cohérente avec votre profil d'investisseur. Sachez simplement que d'un point de vue purement financier, vous paierez indirectement cette sérénité ; chaque mois passé avec de l'épargne non investie vous coûte indirectement. Garder son argent en attendant une opportunité plus favorable n'a jamais démontré de bons résultats statistiquement.


Cette analyse va à l'encontre des nombreux blogs d'investissement préconisant la stratégie DCA à tout prix. Cela ne veut néanmoins pas dire qu'elle n'est pas la plus appropriée dans certains cas, pour votre épargne récurrente par exemple. Mais même dans ce scénario, la morale de l'histoire reste la même : statistiquement, investir dès que possible reste la stratégie garantissant les meilleurs résultats de performance sur le long terme.

 

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François Sockeel

François est le fondateur de bigfish investing. Son action favorite est Crowdstrike, pour sa capacité à maintenir une avance technologique considérable sur un marché de la cybersécurité en plein essor.