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Dans quoi investir en période de forte inflation ?



Dans le contexte d'inflation actuel, observons quelles classes d'actifs sont les plus susceptibles de sortir gagnantes.


Intuitivement, on pourrait penser que les classes d'actifs les plus attractives dans de telles périodes sont l'or ou l'immobilier. Mais comme vous le savez chez bigfish, on préfère s'en tenir aux chiffres. Commençons par observer quelles sont les classes d'actifs les plus performantes une fois ajustées de l'inflation, ici toutes périodes confondues (1976-2019) :


Une première remarque : les actifs à la plus forte volatilité (actions, REITs (en français, Sociétés d'Investissement Immobilier Cotées), ainsi que l'or) tendent à générer de plus hautes performances. Cela confirme l'idée qu'en règle générale, pas de performance élevée sans volatilité élevée.


Seul l'or fait exception à cette règle, avec une performance réelle de seulement 1.5%/an, malgré une volatilité élevée. Mais cette étude inclut également les années de faible inflation. Après tout, peut-être que l'or performe mal en période de faible inflation, mais très bien dès que l'inflation grimpe. Laissons donc à l'or le bénéfice du doute, et creusons davantage.


Penchons-nous maintenant sur l'évolution de ces mêmes actifs en confrontant l'évolution de leur performance nominale en fonction de l'inflation. Si l'or constitue vraiment un actif pertinent en période d'inflation, malgré sa faible performance toutes périodes confondues, celle-ci devrait décoller lorsque l'inflation se met à grimper. Pour rappel, CPI = indice des prix à la consommation (l'inflation mesurée pour une année donnée en somme).

Si l'on classe ces actifs par leur performance médiane durant les années où l'inflation a excédé 4%, on obtient alors le top 3 suivant :

  • REITs (Sociétés d'Investissement Immobilier Cotées) : 6.0%

  • Actions hors US : 2.0%

  • S&P500 : 1.0%

Et en bas de tableau :

  • Or : -1.5%

  • Obligations d'entreprises US : -5.0%

  • Commodités : -5.5%

  • Bons du trésor américain 1 an : -6.0%

L'or, bien que très volatil, présente ainsi une performance parmi les plus faibles du peloton. Ces résultats vont à l'encontre de l'idée selon laquelle l'or serait le meilleur moyen de se couvrir contre l'inflation. Pour info, l'immobilier américain affiche lui une performance parfaitement neutre, à 0.0%.


Peut-on tirer une conclusion de ces résultats ?


Les performances passées ne préjugent en rien des performances futures, ces résultats sont de ce fait à prendre avec des pincettes. D'autant plus que nous disposons de relativement peu de périodes durant lesquelles l'inflation a été supérieure à 4%/an.


Néanmoins, une tendance semble se dégager : les actifs à même de faire varier leur rémunération dans le temps (qu'il s'agisse d'entreprises, ou de propriétaires de biens immobiliers) tendent à mieux s'en tirer que ceux qui ne le peuvent pas.


Par exemple, si l'on observe l'évolution des marchés allemands lors de la période d'hyperinflation des années 20, on voit que malgré un premier choc, les valorisations ont globalement tenu bon (ici en marks allemands et en USD) :

C'est assez logique quand on y réfléchit : lorsque la rémunération de l'actif peut être ajustée, elle peut alors s'aligner à l'inflation en répercutant la hausse de ses différents coûts à ses clients, faisant ainsi gonfler la valeur de l'actif. A contrario, un modèle à versements/rémunérations fixes (des obligations par exemple) ne peut s'ajuster, et est en conséquence plus susceptible de plonger en valeur dans le temps.


Cette règle s'applique également au sein d'une même classe d'actifs. Au sein des marchés actions par exemple, une entreprise à même de faire évoluer sans heurts ses tarifs s'en sortira mieux qu'une autre dont la facturation repose sur des contrats fixés à l'avance, et qui ne pourra donc pas aussi aisément préserver ses marges.


Alors que l'inflation que nous vivons actuellement a de bonnes chances de perdurer, n'hésitez pas à passer en revue votre portefeuille. Vos sociétés peuvent-elles ajuster facilement leur tarification, ou sont-elles pieds et mains liés ?

 

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Baptiste Martin

Baptiste est rédacteur chez bigfish investing. Spécialiste de la modélisation financière, Baptiste scrute chaque mois les comptes de centaines d'entreprises pour n'en garder que la crème de la crème.