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Comment identifier une action susceptible de faire x10 ?

Dernière mise à jour : 18 nov.



Trouver la prochaine société susceptible de multiplier sa capitalisation par dix est le Saint Graal de l'investissement.


Il existe grosso modo cinq façons pour une entreprise de multiplier sa capitalisation par dix (disons six façons, si vous incluez Gamestop 😉) :

  • Les ennuyeux ultra-focalisés : ceux qui se concentrent à 300% sur un unique marché, souvent peu sexy et innovant, mais de très grande taille, avec une recette bien définie pour en prendre la tête. On peut citer Costco pour la grande distribution, ou encore Chipotle et McDonald's pour la restauration rapide.

  • Les génies de l'allocation de capital : si vous n'avez jamais lu le superbe ouvrage Outsiders, vous y apprendrez que les meilleurs PDG sont ceux qui parviennent à allouer le mieux les bénéfices de leur entreprise, que ce soit de manière organique ou inorganique (c'est-à-dire par le biais d'acquisitions). Berkshire Hathaway est probablement le meilleur exemple ici.

  • Les cannibales, ceux qui justement, réallouent tous leurs bénéfices au rachat de leurs propres actions. Leurs bénéfices n'augmentent pas, mais votre part de ces bénéfices augmente. De la triche ? Un peu. Exemple : AutoZone.

  • Les redressements sous-évalués : ces anges déchus voient arriver un nouveau catalyseur qui leur permet de se remettre sur les rails. Investir dans de telles sociétés est particulièrement risqué, car la majorité des redressements échouent et/ou continuent de s'enfoncer. Exemple : Fiat Chrysler.

  • Les optionalistes : à l'inverse des "ennuyeux ultra-focalisés", ces sociétés dédient une part significative de leurs bénéfices au développement de nouvelles activités, dans l'espoir d'en faire leurs prochains relais de croissance. Notez qu'il est très rare qu'une entreprise possède l'ADN nécessaire pour être un bon optionaliste. On peut citer ici Amazon ou Alphabet.

Dans cet article en particulier, nous allons creuser ce que sont les "optionalistes", et surtout, comment les identifier.


En savoir plus L'optionalité, ce critère d'investissement trop souvent négligé


Qu'est-ce qu'un "optionaliste" ?


Un "optionaliste" est une entreprise qui décide de dédier une partie de son capital au lancement de nouvelles activités, dans l'espoir qu'elles deviennent la prochaine locomotive du groupe une fois leur core business arrivé à maturité.


Pour cela, l'entreprise doit s'attendre à de nombreux échecs, qu'elle doit accepter sans broncher. La clé est de commencer par de petits investissements d'abord, puis de ne scaler que lorsque le succès est au rendez-vous. La lettre de 2017 de Jeff Bezos aux actionnaires d'Amazon le résume bien : "Cela exige d'expérimenter patiemment, d'accepter les échecs, de planter des graines, protéger les jeunes pousses, et de redoubler d'efforts lorsque vous constatez que les clients sont ravis."


Jeff Bezos en 1999
Jeff Bezos en 1999

Le secret des optionalistes ? Ils utilisent les bénéfices avant impôts pour se développer. Réinvestir les bénéfices directement dans la croissance future de l'entreprise permet à celle-ci d'accroître sa valeur intrinsèque ; le tout, sans payer d'impôts. Amazon est connu pour ne payer pratiquement aucun impôt en raison du réinvestissement massif de ses bénéfices dans la croissance de l'entreprise.


Comparez cela aux "cannibales", ou aux "génies de l'allocation de capital" qui utilisent les bénéfices après impôts pour racheter leurs actions, ou faire des acquisitions - ils doivent d'abord payer des impôts sur leurs bénéfices (souvent autour de 30%), avant de pouvoir racheter des actions ou d'acquérir d'autres sociétés.


Si vous maîtrisez le concept des intérêts composés, vous savez ainsi que cet écart de 30% fait, à terme, une différence énorme.


En savoir plus La puissance des intérêts composés


Hélas, les optionalistes ne sont pas légion. La plupart des entreprises n'ont pas l'ADN requis pour cela. Elles se concentrent généralement sur leur principale activité, et voient toute autre opportunité comme une distraction, sans vraiment songer à leur prochain relais de croissance une fois leur business arrivé à maturité.


Quand bien même celles-ci dénicheraient la perle rare, elles ont tendance à abandonner bien trop tôt, soucieuses de ne pas faire chavirer le reste du navire. Par exemple, McDonald's a repéré très tôt l'opportunité que pouvait représenter Chipotle, et a pris une participation de plus de 20% dans le groupe. Mais très vite, McDonald's a estimé qu'il s'agissait là d'une distraction, pour finalement revendre sa participation en 2006. Le cours de Chipotle s'est apprécié de +3,200% depuis.


Chacun sa tactique


Là encore, on dénombre cinq principales catégories d'"optionalistes" :

  • Les bifurqueurs. Ces sociétés s'aventurent sur des marchés adjacents au leur via le lancement de produits connexes. C'est le cas de Starbucks, passé du café aux bouteilles de Frappuccino, aux machines à café Verismo, à Starbucks Reserve et même à l'alcool.

  • Les acquéreurs-incorporateurs : ces entreprises sont capables d'acquérir de nouvelles entreprises, de bien les intégrer (chose beaucoup plus difficile et rare qu'il n'y paraît), et de les faire croître comme il se doit. Au fil des années, Facebook a acquis Instagram, Whatsapp et Oculus VR et les a tous transformés en activités beaucoup plus importantes.

  • Les copieurs. Ces entreprises n'innovent pas, elles se contentent simplement de copier des produits à succès. Microsoft en est un exemple avec Explorer, Surface, Azure ou encore Teams.

  • Les conglomérats, qui créent ou rachètent d'autres entreprises dans des domaines qui n'ont rien à voir, comme Yamaha, Tata ou BYD. Ici, pas de gros problème d'intégration puisque chaque activité garde en grande partie son indépendance.

  • Les "super-optionalistes". Ceux qui parviennent à combiner avec brio les tactiques de chacun des quatres groupes susmentionnés. Les entreprises qui parviennent à maintenir de solides taux de croissance plus de 20 années après leur création appartiennent généralement à cette catégorie. Elles se comptent néanmoins sur les doigts des deux mains : Amazon, Alphabet, Alibaba, Berkshire Hathaway ou Baidu notamment.

À la chasse aux optionalistes


Si Amazon est un incroyable "super-optionaliste", il semble peu probable que sa capitalisation fasse encore x10. Sa taille est déjà énorme, et il est bien plus facile de faire x10 lorsque l'on est une PME que lorsque l'on est déjà un géant. Ainsi va la loi des grands nombres.

Dans votre quête du Saint Graal, supposez que votre cible ne dépassera pas les 50mds$ de capitalisation boursière, puis déduisez votre cible à partir de là. Si vous cherchez à faire un x10, cherchez en dessous de 5mds$ de capitalisation boursière ; si vous cherchez à réaliser un x100, cherchez en dessous de 500m$ de capitalisation boursière.


En résumé, lorsque vous recherchez des optionalistes en herbe, examinez l'historique de l'entreprise et demandez-vous si :

  • Elle a déjà fait preuve d'un ADN d'optionaliste (chose que nous tâchons de retrouver au maximum dans les actions que nous sélectionnons dans notre sélection d'actions)

  • Elle est dirigée par un excellent allocateur de capital. Ici, bilan et compte de résultats sont vos meilleurs alliés.

Good luck !


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Baptiste Martin

Baptiste est rédacteur chez bigfish investing. Spécialiste de la modélisation financière, Baptiste scrute chaque mois les comptes de centaines d'entreprises pour n'en garder que la crème de la crème.

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