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La bourse est-elle vraiment "risquée" ?

Dernière mise à jour : 10 sept. 2021



Nombreux sont les investisseurs qui par souci de simplification, font l'erreur de confondre volatilité et risque. Qui n'a jamais entendu parler du fameux couple rendement/risque ? Comprendre la distinction entre ces deux notions est fondamental, et vous fera probablement ajuster votre façon d'investir.


Selon le principe du couple rendement/risque, tout investisseur désireux d'augmenter ses rendements serait nécessairement amené à augmenter le risque de son investissement, faisant mécaniquement baisser le rendement une fois que l'on incorpore les chances d'échec.


Selon cette théorie, il n'y aurait donc aucun moyen d'avoir un meilleur rendement réel, puisqu'un meilleur rendement affiché induirait plus d'échecs qui, une fois mis dans la balance, impliqueraient un rendement final moins intéressant qu'il n'y paraîtrait.

Rappelons d'abord ce qu'est le risque : il s'agit des chances de perdre tout ou partie de son capital de manière permanente. La volatilité, quant à elle, correspond à l'amplitude de variation d'un actif. Plus la volatilité est grande, plus l'actif va avoir tendance à augmenter ou baisser fortement au cours du temps.



Prenons un exemple en comparant le livret A avec le CAC40. Il est évident que le livret A est moins volatile que le CAC40. Mais est-il vraiment moins risqué que le CAC40 ?


Sur les 10 dernières années, net d'inflation, le livret A vous aurait fait perdre de l'argent (l'inflation étant supérieure au rendement du livret A). A contrario, le CAC40 vous aurait rapporté une moyenne d'environ 7.5% par an.


Ces chiffres se vérifient sur n'importe quel indice boursier, et sur à peu près chaque décennie du XXème siècle. Peut-on vraiment dire alors que la bourse soit plus risquée s'il est à peu près certain qu'elle vous ferait gagner plus que le livret A sur le long terme ?


Ici, le risque au sens où nous l'avons défini n'augmente donc pas avec le rendement : au contraire, il baisse. Avec le livret A, vous êtes certains de perdre ; avec le CAC40, vous avez de très fortes chances de gagner. Mais quelles sont alors les chances de gagner ? Des statistiques ont-elles été établies à ce sujet ?


Oui ! Regardons comment vos chances de gagner évoluent en fonction de votre horizon de temps, ici en exploitant les données historiques du S&P500 depuis 1926 :

Résultat : le risque de perdre ne cesse de diminuer avec la durée de détention de votre portefeuille. Tout ce que cela vous demande est de la patience, une diversification suffisante, et surtout, des nerfs suffisamment solides pour accepter que certains jours vos actions monteront, et que certains jours elles chuteront à court terme, et que cela fait partie du processus qui vous mènera à ces 100% de chances de gain en bas à gauche du tableau.


Développez ces compétences, et vous vous enrichirez bien plus que l'immensité majorité des épargnants qui continuent chaque année de privilégier des investissements "sans risque", pour lesquels ils sont en réalité sûrs à 100% de perdre, une fois leur performance ajustée de l'inflation.


Ce qu'en pense Warren Buffett

Dans sa traditionnelle lettre aux actionnaires de Berkshire Hathaway de 2014, Warren Buffett s'attarde sur la distinction entre volatilité et risque.


"La conclusion singulière et pourtant inévitable de ces cinquante dernières années, c'est qu'il a été beaucoup plus sûr d'investir dans un certain nombre d'entreprises américaines variées plutôt que dans des produits financiers libellés en devises"


"Le cours des actions sera toujours beaucoup plus volatile [...] Cependant, sur le long terme, les instruments financiers libellés en devises sont des investissements bien plus risqués qu'un portefeuille d'actions variées acquises au fil du temps [...]. Cette leçon n'est pas habituellement enseignée dans les business schools, où le terme volatilité est presque universellement utilisé comme équivalent de risque. Ce postulat a pour but de faciliter l'apprentissage mais il est complètement faux : la volatilité est très différente du risque."



Pour autant, peut-on en déduire que plus un actif est volatile, meilleure devrait être sa performance ?


Malheureusement, non. Aucune étude n'a établi de corrélation dans ce sens. Nombreux sont les investissements extrêmement volatiles, mais dont vos chances de gain, même à long terme ne dépassent pas 50%.


C'est le cas par exemple des CFDs (Contracts for Difference, littéralement "contrats sur la différence"), extrêmement volatiles et qui font malgré tout perdre de l'argent à plus de 89% des investisseurs qui s'y essaient selon l'AMF. Pourtant, nombreux sont encore les investisseurs à tenter leur chance, attirés par les exemples des rares traders ayant réussi à y faire fortune.


C'est pourquoi nous vous invitons à la plus grande clairvoyance dans le choix de vos classes d'actifs : n'investissez pas dans des classes dans lesquelles vous avez moins de 50% de chances de gagner. Vous pourrez gagner une fois, deux fois, mais les statistiques vous rattraperont tôt ou tard.


Privilégiez des actifs sûrs tels que l'immobilier ou un portefeuille d'actions investies sur le long terme.

 

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