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Après Depop, Elo7 : la fièvre acheteuse d'Etsy

Dernière mise à jour : 16 juil. 2021



Il y a quelques jours, le leader mondial de la vente en ligne d'articles de seconde main Etsy a annoncé l'acquisition de son homologue brésilien, Elo7. Une acquisition attractive de plus pour le groupe, mais qui peut interroger.


Dire que le groupe Etsy (NASDAQ: ETSY) a fait les soldes ces dernières semaines est un euphémisme. Après avoir racheté la plateforme britannique de vente d'articles de seconde main pour les jeunes Depop pour un montant de 1.6mds$, c'est désormais vers le continent latino-américain que la firme new-yorkaise a jeté son dévolu.


Elo7 est l'homologue parfait d'Etsy en Amérique Latine, semblable à Mercadolibre avec Amazon. Nettement plus petit que son acquéreur, le groupe présente l'avantage d'être focalisé sur un marché brésilien à forte croissance, dans lequel la pénétration du e-commerce est encore très faible relativement au reste du monde.

Cette acquisition pour 207m$ devrait permettre au géant américain d'accélérer sa croissance à l'international, qui ne représente encore "que" 40% de ses ventes commerciales. Et bien que ces 207m$ ne soient qu'une pacotille pour le groupe (un quart seulement de ses flux de trésorerie disponible de l'année), cette nouvelle opération peut laisser des doutes quant à la capacité du groupe à intégrer aussi rapidement de nouvelles entreprises dans son giron.



Car acquérir une entreprise ne se résume pas qu'à un simple changement de pancarte. Une fois la transaction complétée, vient le plus dur : intégrer. Mêler des cultures, mais aussi des manières d'opérer différentes. Et à force de vouloir faire rentrer des carrés dans des ronds, des tensions peuvent émerger.


Nombreux sont ainsi les exemples de rachats qui se sont avérés infructueux, voire carrément dévastateurs. Une étude de Harvard Business Review avait ainsi révélé que ce sont environ 90% des opérations de croissance externe qui finissent par ne pas fonctionner, ou s'avérer décevantes.

Là est le risque : en rachetant à tour de bras des entreprises, le groupe prend le risque de ne pas consacrer suffisamment d'énergie à l'intégration de ces nouvelles filiales, et ainsi, ne pas en tirer la valeur attendue.


Pour le moment, Etsy a affirmé son intention de maintenir en place l'équipe dirigeante, et de maintenir la marque Elo7 séparée du groupe. Une sage décision, mais qui ne saura probablement durer. Avec des synergies aussi évidentes, nous ne saurions imaginer un rapprochement des deux identités au cours des prochaines années. Nous observerons attentivement la capacité d'Etsy à absorber de nouvelles entités de manière cohérente au fil du temps.

 

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Baptiste Martin

Baptiste est rédacteur et analyste chez bigfish. Spécialiste de la modélisation financière, Baptiste analyse chaque mois les comptes de centaines d'entreprises pour n'en garder que la crème de la crème.