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2022, année d'accalmie pour les introductions en bourse ?



Après une année 2021 en fanfare, 2022 pourrait connaître une diminution drastique du volume d'introductions en bourse. Explications.


C'est un nouveau record : l'année 2021 a vu 2,388 entreprises dans le monde faire leurs premiers pas en bourse via une IPO (Initial Public Offering). Un tel chiffre ne vous parlera probablement pas, alors retenez simplement ceci : en un an, le volume d'entreprises introduites a augmenté de tout juste 64% - et ce, alors même que 2020 s'était déjà présentée comme une année faste.


Forcément, on peut penser que l'année 2022 devrait rester sur la même lancée. Pourtant, plusieurs éléments nous amènent à penser le contraire. Plusieurs entreprises comme Justworks ou Wetransfer ont d'ailleurs déjà annoncé un report de leur IPO, citant pour principale raison des conditions de marchés peu favorables. Voyons pourquoi.


Le VIX


L'un des indicateurs les plus fiables pour estimer le volume d'IPOs à venir est l'indice de la volatilité (VIX). Régulièrement surnommé "indice de la peur", celui-ci mesure les projections de volatilité du S&P500 par les investisseurs au cours des 30 prochains jours.


Comme on peut s'y attendre, les sociétés n'aiment pas faire leur IPO en période de fortes incertitudes. Plusieurs études ont ainsi montré que lorsque le VIX dépassait la barre des 20, le nombre d'IPOs tendait à décroître de manière significative :

Cette corrélation est assez simple à interpréter. Pour la comprendre, il suffit d'observer les intérêts des principales parties prenantes d'une IPO :

  • Les investisseurs institutionnels veulent voir leur prise de risque récompensée par un cours d'introduction supérieur à celui auquel ils ont souscrit. En période d'incertitude, ceux-ci sont bien conscients de la possibilité que les marchés s'effondrent entre le moment où ils auront placé leurs billes, et le jour de l'introduction. Ils exigeront donc un cours plus bas que de raison pour s'assurer de rester rentables quoiqu'il arrive.

  • Le souscripteur peut voir sa réputation fortement entachée s'il ne parvient pas à un cours qui puisse satisfaire à la fois les investisseurs institutionnels et l'entreprise concernée. Les chances de froisser l'un ou l'autre en parvenant à un prix déséquilibré sont décuplées lorsque les marchés font les montagnes russes.

  • L'entreprise a également tout à perdre à s'introduire en période d'incertitude. En général, elle sera contrainte d'abaisser sa fourchette de cours pour espérer attirer les investisseurs en dépit des grandes incertitudes...Ce qui évidemment, ne les arrange guère.

Logiquement, la plupart d'entre elles se tournent donc vers l'alternative la plus intuitive : attendre que la tempête ne cesse.


Il faut dire que les derniers chiffres encouragent à la prudence : en 2021, plus de la moitié des entreprises ayant fait leur IPO avaient en fin d'année un cours plus bas que lors de leur introduction. De quoi faire réfléchir des firmes comme Stripe ou Reddit, qui nous avaient annoncé envisager une IPO pour 2022..

 

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François Sockeel

François est le fondateur de bigfish investing. Son action favorite est Crowdstrike, pour sa capacité à maintenir une avance technologique considérable sur un marché de la cybersécurité en plein essor.